http://klaatumag.com/wp-content/uploads/2012/07/photointerview-960x639.jpghttp://klaatumag.com/wp-content/uploads/2012/07/couveaxolot.jpghttp://klaatumag.com/wp-content/uploads/2012/07/00005bg6.jpghttp://klaatumag.com/wp-content/uploads/2012/07/axolotl6-960x640.jpg
LivrePapier July, 3rd 2012 by Matthieu Rostac

Patrick Baud - L'homme qui sauva le monde - Mon but, c’est la vérité

Patrick Baud est un amateur. Au sens étymologique du terme, « celui qui aime ». Depuis maintenant sept ans, cet Avignonnais répertorie sur différents supports les choses les plus étranges qui nous aient été données de voir. Dernière étape de ce pèlerinage : l’ouvrage auto-édité, L’Homme qui sauva le monde et autre sources d’étonnement, paru en février dernier. L’occasion d’évoquer la passion qui l’anime, sa tendance à debunker l’étrange ainsi qu’une affection certaine pour les animaux marins.

Klaatu Magazine : Pouvez-vous vous présenter ?

Patrick Baud : Je m’appelle Patrick Baud, je vais avoir trente-trois ans à la fin de la semaine et je suis l’auteur du livre L’Homme qui sauva le monde et autres sources d’étonnement qui, avant d’être un livre, était un blog qui a démarré en 2009, Axolot.info. Et avant ça, je faisais une émission de radio nommée Exocet. Mais de métier, je suis graphiste donc mon activité rédactionnelle est un loisir et un plaisir personnel, on va dire.

KM : Comment vous est venue cette envie d’étrange, de raconter des bizarreries ?

PB : J’ai toujours été intéressé par l’étrange, les curiosités, et en 2005, j’ai démarré Exocet dans laquelle chaque semaine je racontais des histoires étranges avec un co-animateur. Puis, ça s’est poursuivi sur mon blog et en février dernier, par un livre. Beaucoup de sites anglophones relatent des histoires sidérantes mais authentiques, comme Cracked par exemple, et il y avait une lacune en France. Ça manquait d’étrange de qualité, à vrai dire.

KM : Donc le livre, c’était une suite logique ?

PB : Pour moi, c’était assez évident, j’avais assez d’articles. De plus, mes articles étaient plus littéraires que bloguesques, c’est mon style. Donc bien que le livre n’était pas un but au départ, il me semble que l’écriture colle bien au format papier. Ça s’est fait naturellement, au fil du temps.

KM : La majorité du temps, dans vos articles, vous cherchez à démystifier le paranormal. Pourquoi adopter cette position de debunker ?

PB : Il y a beaucoup de sites, de livres, de documentaires dans lesquels on aborde le paranormal de manière sensationnaliste, donc beaucoup de charlataneries et d’exagérations, et c’était quelque chose dont je voulais vraiment me détacher. Je voulais éviter d’être connoté « surnaturel » car je me serai retrouvé dans le même panier que beaucoup de sites ou de sources peu crédibles. En trois ans d’émission de radio, j’ai égrainé tellement d’histoires que je me suis rendu compte qu’il y en avait très peu qui ne puissent être démontées, expliquées, démystifiées par une approche scientifique et rationnelle, donc c’est vrai que ça a esquissé mon scepticisme. Il n’y a pas d’histoires paranormales qui ne puissent être expliquées autrement que par un recours au surnaturel. Ça n’empêche pas que je reste ouvert d’esprit, je reste étonné et me retrouver dans la stupéfaction la plus totale est quelque chose que j’apprécie.

KM : Sans être racoleur, le phénomène extra-terrestre, par exemple, c’est quelque chose que vous envisagez ?

PB : Pour moi, c’est très différent. En matière de paranormal, on associe beaucoup de choses qui n’ont pas de rapport entre elles. Ramener le phénomène OVNI au paranormal, c’est vraiment pas un service à rendre à ce sujet-là, ça le discrédite. Alors que le sujet OVNI peut être abordé de façon très scientifique. Aujourd’hui, la majorité des scientifiques sont d’accord pour penser qu’il y a une vie ailleurs. Il y a tellement de galaxies, sept cent exoplanètes découvertes sont considérées comme vivables donc ce serait absurde de penser que hors de la Terre, la vie est impossible. Mais on ne peut pas parler d’extraterrestres sans paraître farfelu, illuminé voire conspirationniste. Ensuite, il y a la théorie comme quoi les extraterrestres sont venus sur Terre et qu’ils nous observent et là, on est dans l’extrapolation, dans le fantasme. Pour moi, le paranormal se rapproche plus des phénomènes de fantômes ou de possession.

KM : A adopter ce choix du scepticisme, vous n’avez pas peur de passer pour un « rabat-joie » ?

PB : Je ne veux pas passer pour un rabat-joie, je veux être réaliste sur ce qui reste étonnant. C’est important de faire la part des choses et trier, séparer le bon grain de l’ivraie. Je ne suis pas dans une démarche purement scientiste qui dit qu’on peut tout expliquer et que rien ne nous échappe. Je pense réellement qu’on est loin de tout savoir. Mais si je suis confronté à un phénomène étrange, je veux comprendre. Je ne sais pas si vous connaissez la théorie du rasoir d’Occam  qui est un principe scientifique classique qui consiste à prendre l’explication la plus simple si on en a une. Mon but n’est donc pas d’être rabat-joie, mais si on me présente une explication plus simple que le paranormal, je la prends. Mon but, comme pour la plupart des gens, c’est la vérité, être dans le vrai, dans le réel. Mais si je ne trouve pas d’explication, alors j’admettrais volontiers que je ne sais juste pas.

KM : Vous parlez de phénomènes étranges depuis plusieurs années mais en avez-vous rencontré personnellement ?

PB : C’est pas faute d’avoir cherché à être surpris et étonné! Quand j’ai été adolescent, j’ai fait pas mal de séances de spiritisme et c’était une confrontation intéressante aux phénomènes psychologiques liés au paranormal. C’est avec ces années que j’ai appris quels étaient les mécanismes, ce qui se cachait derrière les séances de spiritisme. En mettant chacun son doigt sur le verre, ça peut être impressionnant, on peut voir le verre bouger. Mais c’est systématique, il n’est pas rare de le voir bouger et c’est dû au fait que la personne aide le verre à bouger. Ça s’explique par un phénomène qu’on appelle idéomoteur et qui est un ensemble de mouvements inconscients faisant bouger le verre, démontré par la science et que l’on retrouve pour les baguettes de sourcier et les pendules. Lorsqu’on a envie de voir apparaître un certain résultat, on produit un mouvement inconscient. Un moyen simple de voir ça, qui a été mis en avant par James Randi, un magicien et démystificateur américain célèbre, c’est de bander les yeux des membres de la séance de spiritisme. On se rend qu’il y a une suite de lettres sans queue ni tête qui se dessine. Ça prouve bien que les gens dirigent eux-mêmes le verre vers les lettres qu’ils veulent voir apparaître. Donc ça m’a permis d’affûter mon scepticisme. Mais je n’ai jamais vu d’OVNI ou quoi que ce soit, non…

KM : Pour revenir à votre livre, il rencontre un vrai succès public alors que la presse en parle peu. Comment expliquez-vous cette situation ?

PB : Quand j’ai voulu faire ce livre, on m’a conseillé de démarcher les distributeurs mais je me suis rendu compte que ça prendrait beaucoup de temps. Et puis, en cas de réponse positive, j’aurais dû appliquer certaines modifications sur le texte. Comme je suis graphiste, j’ai fait la mise en page moi-même et j’ai eu la chance d’avoir la participation de dessinateurs célèbres comme Manu Larcenet ou d’autres, donc j’ai préféré tenter l’aventure de l’auto-édition pour voir comment ça pouvait fonctionner. Il se trouve qu’il y a eu un succès que je n’attendais pas : pour le moment, il y a 450 exemplaires vendus, ce qui est un score honorable pour un premier ouvrage, même chez un éditeur classique. Ensuite, il y a eu pas mal de buzz grâce aux dessinateurs qui ont participé puisqu’ils en ont parlé sur leurs blogs, leurs Twitter ou leurs Facebook. Il y a eu aussi un article dans Sciences & Vie Junior au mois de mai donc j’ai eu un buzz que je n’attendais pas en passant par le circuit alternatif. Et j ‘ai été contacté récemment par un éditeur pour rééditer l’ouvrage dans un circuit classique. C’était pas mon but au départ mais ça m’a rattrapé, quoi!

KM : Donc l’avenir de Patrick Baud se concentre sur cet ouvrage ou vous avez d’autres projets ?

PB : Très honnêtement, j’ai envie de faire un deuxième tome. Donc le blog va reprendre après une longue parenthèse. Il sera à nouveau édité.

KM : Comment s’est créée cette collaboration avec les dessinateurs de l’ouvrage ?

PB : En fait, je suis très ami avec Adrien Ménielle, plus connu sous le nom de AK et qui est un dessinateur de très grand talent. Comme c’est un petit milieu, je connaissais aussi Capucine par le biais d’Adrien et il se trouve que Manu Larcenet était un lecteur d’Axolot. C’est le cas de Laurel, aussi. Quand j’ai commencé la mise en page de l’ouvrage, Adrien m’a fait cette surprise : pour illustrer le livre, il m’a trouvé tous ces gens. J’aurais jamais demandé à des illustrateurs de ce niveau-là de participer à l’ouvrage alors qu’ils ont tous répondu à l’appel.

KM : Finalement, c’est un peu comme s’ils vous remerciaient d’avoir écrit ce blog ?

PB : Je sais pas si on peut aller jusque là mais ils étaient tous lecteurs du blog donc ça leur faisait plaisir de contribuer à l’aventure. Je pense qu’ils étaient amateurs à l’origine et je les remercie encore d’avoir participé.

KM : Votre émission de radio s’appelait Exocet, votre blog s’appelle Axolot. Pourquoi cette lubie pour les espèces marines?

PB : Exocet, c’est parce qu’avant d’être une émission sur l’étrange, c’était une émission très éclectique sur le cinéma, les jeux vidéo et la littérature et l’exocet est un poisson volant, une sorte de fusion des genres. Il y avait cette symbolique de mélanger les univers et je trouve que l’animal est assez intriguant, c’est quand même une curiosité. Ensuite, pour Axolot, ben j’ai découvert cet animal et j’ai été sidéré par sa bizarrerie, avec ses allures de Pokémon et ses capacités, notamment à reconstituer un organe manquant de son corps. Je suis content parce que c’est un nom que les gens retiennent assez facilement.

KM : Votre livre s’appelle L’Homme qui sauve la monde… et cet homme, c’est Stanislas Petrov *. Qu’est-ce que vous souhaiteriez lui dire, si vous pouviez le rencontrer ?

PB : Ben merci, déjà ! Et puis, je lui poserais des tas de questions sur ce qu’il a pu ressentir le soir où il a pris cette décision de considérer ces alertes sur son radar comme de fausses alertes et par conséquent, se retrouver avec le destin de l’humanité au bout du doigt, qui est une situation inimaginable. Il est plus ou moins responsable de notre existence à tous et j’ai trouvé cette histoire fascinante. Ce qui est étonnant, c’est que l’homme n’est pas plus connu que ça alors qu’il a été récompensé par les Nations Unies pour son geste. Ça me semblait naturel de lui rendre hommage.

* L’article d’Axolot consacré à Stanislas Petrov

L’Homme qui sauva le monde… sur Lulu.com

Par
Journaliste pornocrate, passionné de chats et de sodas, improvisé rédacteur en chef pour mener à bien la mission de Klaatu. C’est lui le chef mais c’est sa femme (Fred) qui commande. Ils viennent en paix.

0 Comments

Socialize

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

#09 : "Ink & Thunder" - Becky Cloonan

Il y a quelques semaines, les nominations pour les Eisn ›

#08 : Spacehawk “Lone Wolf of The Void” - Basil Wolverton

Que reste t-il de la BD de SF des années 30 et 40 dans ›

#07 : Captain America - Rick Remender & John Romita

A une époque ou reboot, relaunch et autres universe-changing events ne cessent de se succéder chez ›

#06 : Le Major et les Extraterrestres - Reusé & Couray

Le Major et les Extraterrestres n’est pas techniquement une Bande Dessinée. L’oeuvre de Reusé ›

Prophet – Remission de Brandon Graham

Les liens entre la Science-Fiction et la bande dessinée, c’est un peu comme la relation qui unit une pute et son ›