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CinémaDossier April, 23rd 2012 by Max Kemper

Michael Ironside - Des burnes d’acier dans une culotte de titane

Le mâle. Contrairement aux idées reçues, on ne le trouve pas partout tel qu’on se l’imagine et il suffit de regarder un clip de Samwell pour s’en convaincre. Non pas qu’un homosexuel notoire tel que Georges Clooney (sisi!) ne puisse pas être considéré comme quelqu’un de sévèrement burné, mais il ne correspond pas à l’image d’Epinal qu’on se fait du mâle. A savoir, un concentré de testostérone monté sur d’engageants mais modestes pectoraux dont la pilosité aurait migré des tempes et du sommet du crâne pour mieux venir les fournir. Mais un tel homme existe-t-il ? Oeuf corse, darling ! And le name is Michael Ironside.

Le nom ne résonne pas dans toutes les têtes. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont dû le croiser au détour d’une série, d’un chef d’oeuvre ou d’un navet pathétique mais réjouissant. Tout cela sans l’avoir nécessairement inscrit dans sa toplist d’acteurs badguys à ne négliger sous aucun prétexte.

La première apparition marquante de cet hurluberlu se fait dans Scanners en 1981 sous la houlette de David Cronenberg.  Il y campe Darryl Revok, un télépathe aussi sociopathe que peu docile dont le hobby principal reste l’explosion de tête de ses contemporains sous l’impulsion d’une simple pensée. Cronenberg, attiré par le morbide comme à son habitude, eût du nez en se disant probablement : “un type qui a débuté sa carrière en endossant les rôles d’ivrogne, de tortionnaire et proxénète (cf. Wikipédia) doit avoir en lui ce côté malsain apte à tirer mon oeuvre vers le haut”. Bonne intuition, Ironside assure avec son sourire inversé carnassier qui n’a d’égal que son regard acerbe et sadique. Un an après, il renoue complètement avec ce registre dans Terreur à l’Hôpital Central, petit slasher sans prétention du canadien Jean-Claude Lord qui se hissera quand même jusqu’à la dixième place du box-office américain en l’espace d’une semaine. Plus névrosé que jamais, le voir prendre son pied à torturer puis photographier ses victimes dans leurs derniers instants s’avère totalement communicatif.

Un début de carrière plutôt démoniaque, certes, mais contrebalancé à la télévision par un rôle légèrement teinté de sensiblerie coquette. Ce côté plus bipolaire d’Ironside s’exprime donc en 1984 dans la mini-série V : la bataille finale. Le paquet bien moulé dans son jean taille haute, Ham Tyler porte un uzi de confection israélienne superbement assorti à sa veste en cuir de vache véritable. C’est ainsi sapé qu’il se débarrasse d’un maximum de reptiliens venus envahir notre planète. Tout au long de cette série culte, il injecte dans son personnage une véritable dose de tendre mystère, mercenaire mi-Wolverine mi-Végéta qui aimerait bien être ton copain mais qui ne peut pas s’empêcher de grogner que “Ham, on le prend pas pour un jambon”.

Le succès de la série ne fait pas pour autant décoller la carrière de ce bad guy psychotique qui a clairement la gueule de l’emploi  et ce n’est que plus tard qu’il se popularise un brin sur grand écran, toujours cantonné dans des seconds rôles de “méchants” dans quelques films que les moins cinéphiles d’entre nous ont certainement vu mais sitôt oublié en même temps que notre ami balafré.

Intermission Klaatu – 1986 : Michael Ironside joue dans Top Gun. Parler de ce film est beaucoup trop excitant. Les pilotes, la compétition, la force centrifuge, les serviettes humides qui claquent dans la moiteur des douches communes. Ce film ne doit jamais être abordé sous peine de perdre toute forme de concentration – Fin de l’intermission

Total Recall de Paul Veroheven en 1990 pour commencer. Dans la peau de Richter, il est  un excité de la gâchette cocu que rien n’arrête pour empêcher Arnold “Quaid” Schwarzenneger d’accomplir sa quête de vérité. Et si certains pensent que Total Recall est un des meilleurs films de l’autrichien bodybuildé, qu’ils se rappellent Hitchcock et son adage “meilleur est le méchant, meilleur est le film”. Irradiant de charisme belliqueux, Richter y correspond parfaitement.

Un an après, Highlander 2 de Russel Mulcahy . Un film de qualité discutable pour lequel Michael Ironside cabotine sans limite dans le rôle de l’excaliburné général Katana. Il n’y sublime pas l’héroïsme et le talent de Christophe Lambert (seuls Hercule et Sherlock y arriveront bien plus tard) mais participe énormément au sauvetage du film dans sa composition d’une ordure intergalactique totalement imprévisible et un brin castratrice.

Après cela, exit les rôles importants de Michael Ironside sur grand écran si l’on excepte quelques autres délicieuses apparitions quasi-caméoesques dans des blockbusters, notamment dans Starship Troopers où il retrouve Veroheven pour casser de l’alien en tant que militaire mentor manchot, ou encore en tant que général ou amiral dans les récents Terminator : Renaissance et X-Men : le commencement.

Intermission Klaatu – 2000 : rôle dans En pleine tempête…(Marins + houle + cabine) x (rhum frelaté + les femmes portent malheur) x Georges Clooney  =  Excitation extrême = Tabou. CQFD – Fin de l’intermission Klaatu

Michael Ironside, c’est une carrière grand public relativement discrète en somme, mais aussi une autre plus confidentielle riche de cent trois films (sans parler de ses téléfilms ou de sa voxographie*). : des polars et actioners fauchés ou des séries B trash pour la plupart, dont un tiers à jouer des militaires ou des flics bien membrés  souvent pourris, rarement tendres. Les deux tiers qui restent sont voués à désorbiter, manger des tripes, boire du sang, régurgiter mais aussi parfois enquêter, câliner et se faire démembrer. Une filmographie qui  mérite qu’on y pioche les yeux bandés tant sa présence au générique est l’assurance de passer un excellent moment “badass”. Ainsi, et avant de dresser une liste-conseil des oeuvres de Michael Ironside à ne pas manquer, approprions-nous une réplique de Team America pour lui dire solennellement : “tu as des couilles. Et j’aime…les couilles…”.

Les films à ne pas manquer :

1981 : Scanners : Darryl Revok

1982 : Terreur à l’hôpital central (Visiting Hours) : colonel Hawker

1986 : Top Gun : Rick « Jester » Heatherly

1987 : Extrême Préjudice (Extreme Prejudice) : major Paul Hackett

1988 : Watchers : Lem Johnson

1990 : Total Recall : Richter

1990 : Payback : shérif Pete

1991 : Highlander, le retour (Highlander II: The Quickening) : général Katana

1994 : Miss Karaté Kid (The Next Karate Kid) : colonel Dugan

1994 : Le Scorpion rouge 2 (Red Scorpion 2) : colonel West

1997 : Starship Troopers : lieutenant Jean Rasczak

1992 : Psychose meutrière (The Vagrant) : lieutenant Ralph Barfuss

1992 : Le Démon des armes (Guncrazy) : Mr Kincaid

1984 : Recherche mercenaire (Coming Out Alive)

1994 : The Killing Machine : Mr Green

2000 : En pleine tempête (The Perfect Storm) : Bob Brown

* Il est, par exemple, la voix originale de l’espion Sam Fisher dans la saga vidéoludique Splinter Cell, ou encore celle de l’infâme Tyler dans Heavy Metal 2000, deuxième film d’animation adapté du célèbre magazine Métal Hurlant créé par Jean-Pierre Dionnet en 1975.

Par
Depuis 1995, il mangeait des noix. Il en avait englouti un bon paquet tout en dodelinant de la tête sur la musique de t.a.T.u, son groupe favori. Il aimait aussi les noisettes. D’une manière générale, il était friand des fruits à coques et des lesbiennes russes. Il n’était pas du genre à se priver des bonnes choses, d’autant plus que la fin du monde approchait.

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