Le Monde des soeurs Olsen
Tout le monde connaît la maxime d’Andy Warhol sur la célébrité et la répéter encore une fois serait faire insulte à la mémoire de Cindy Sanders. Il est vrai qu’avec la série La Fête à la maison, les soeurs Olsen ont goûté à une gloire leur permettant d’être propulsées dans l’univers du long-métrage. Malheureusement, elles n’ont pas su y conquérir un public éclectique et la partie immergée de leur oeuvre reste jalousement conservée sous cloche par une élite avisée. Sale quart d’heure pour elles, injustice que Klaatu se propose de rétablir : éclairage tamisé propice au coït sur les “trip movies” des jumelles obscènes.

Cinq films et autant de destinations jalonnent la filmographie des deux frangines, incessant festival de débauche marquant l’évolution de leurs corps et de leur intelligence collective. Nous suivrons donc l’ordre de leur périple pour analyser leurs vices et coutumes avant d’en arriver à la terrible conclusion : Paris, Londres, l’île Paradise dans les Bahamas, Rome et enfin New York (qui sera le seul de la série à connaître une sortie en salles, les autres restant cantonnés aux téléfilms et straight to dvd).
Aventures à Paris (Passport to Paris – 1999)
Pour le spring break, les filles étaient persuadées qu’elles pourraient servir de verre à (cum)shot dans un bordel à Cancún, mais c’était sans compter sur leurs parents très friqués qui préfèrent les expédier à Paris chez leur grand-père ; ambassadeur strict mais pété de thunes. Les deux petites béotiennes commenceront par dénigrer nos mets les plus délicats sans même y goûter (escargots, foie gras, cuisses de grenouilles et autres pinards si chers à nos palais) avant d’essayer de convertir le chef de l’ambassade, Henry, au hamburger classique de chez McDo. Elles prétexteront pour le convaincre qu’il n’est pas assez « open minded”… Entre temps, deux minables en deux roues tenteront de se les faire dans un français très approximatif et accentué à la texane. Morceau de choix : “Ah pardon, je nous ai pas vu”. S’en suit une visite 3D de nos musées. Dieu merci, elles n’ont pas pu entrer au Louvre sans quoi il faut probablement gager qu’elles auraient gravé une moustache à la Joconde à l’aide de leurs couteaux papillons. On dérive sur une séance de shopping qui s’apparente plus à un braquage en règle : elles essayent les vêtements dans la rue puis les donnent à Brigitte, mannequin cocaïnomane et accessoirement receleuse. Tout le long de leur voyage, elles s’étonneront de boire de l’eau minérale en bouteille. Oui, rappelons qu’en 1999 et malgré les efforts de Jacques Chirac, l’eau n’était pas potable à Paris (sic). Pas de souci, elle profiteront d’un dernier dîner à l’ambassade pour que notre ministre de l’environnement la goûte à son insu. Tout juste : elles se permettent même de frôler l’incident diplomatique Ajoutez à cela un petit speech convaincant sur l’importance d’un bon réseau de canalisations et vous savez désormais pourquoi notre pays se distingue du Mexique. Nous sortons de la fange, le staff de l’ambassade est converti à Wyclef Jean et aux french fries : une fois le ménage fait, les deux idéologues s’en retournent au Kansas le coeur léger.
Destination Londres (Winning London – 2000)
Pour participer au concours junior des Nations Unies dans lequel une école de chaque pays en représente un autre pour mieux briller au milieu de débats-jeux. Diabolique. Initialement parties pour parler au nom de la Chine, ce qui correspond plus à leur caractère totalitaire, elles porteront finalement l’étendard du Royaume-Uni. Évidemment, pour mieux obtenir les votes nécessaires à la validation de leurs résolutions fictives, les jumelles n’hésiteront pas à soudoyer les autres participants en leur offrant des magazines de mode et des friandises. C’est ici qu’elles apprendront les ficelles de la magouille politicienne. Rien de plus à signaler sur cette escale intello, sauf peut-être trois points :
1 – La probable rupture d’un hymen au cours d’une partie de polo
2 – Une très belle veste Burberry
3 – Une scène trop sous-exploitée se déroulant dans la salle des tortures du Dungeon London
Vacances sous les tropiques (Holiday in the sun – 2001)
Une fois encore, Mary-Kate et Ashley pensaient se faire voler un rein dans une piscine de gloss à Cancùn. C’était sans compter sur leur père, un rupin sapé comme un pape qui préfère opter pour des vacances en famille sur l’île Paradise, Bahamas. Ce film fait office de récréation dans leur plan de conquête du monde : scooter des mers et des routes, shopping, cocktails, nage avec les dauphins etc…Mais elles en profiteront aussi pour élever les consciences, la preuve dans cet extrait :
Tempête sous un crâne. Pendant ce temps là, leur papa se prélasse à la « chasse aux spermophiles de mer » (non pas un amateur de semence mais plutôt une sorte d’écureuil vêtu d’une combinaison de plongée).
Un été à Rome (When in Rome – 2002)
Logées près du Colisée pour mieux se rappeler avec nostalgie le passé esclavagiste de la “Ville éternelle”, nos amies sont ici pour réaliser un stage chez un célèbre couturier. Elles seront rapidement remerciées par le directeur-adjoint après avoir osé préparer un café instantané, sacrilège en Italie. Mais le PDG de la boîte (est-ce utile de préciser qu’il est plein aux as?), lui, les invite à passer quelques jours dans sa villa en bord de mer. Pédophilie, coprophagie : la suite n’est qu’un remake cheap du Salo ou les 120 Journées de Sodome de Pasolini. Nota bene : lorsqu’elle prennent le scooter, qui est définitivement un thème central et récurrent dans leur filmographie, surprise de les voir chevaucher un Stunt de chez MBK plutôt qu’une Vespa. Volonté des producteurs de ne pas tomber dans le cliché pour la énième fois ? Sage. Il n’empêche que ça fait con.
Une journée à New York (New York Minute – 2004)
La petite histoire voudra que la sortie de ce film coïncide avec les 18 ans de Mary-Kate (très amaigrie par son anorexie à l’époque) et Ashley, mais aussi l’inauguration de leur étoile sur Hollywood Boulevard. Passons. Il y a des cas dans lesquels il est presque légitime d’invoquer Godwin pour se défaire d’un sophisme. Avec les soeurs Olsen, nous pouvons user du point G sans être inquiétés. Ainsi dès le départ on les verra au volant d’une coccinelle, véhicule ondulé dont la première ébauche fût tracée par Adolf Hitler sur un coin de nappe en 1932. La “Cox” étant immatriculée 2QL4SKL (pour “too cool for school”), nous comprendrons par hyperbole qu’elles préfèrent sécher les cours pour mieux se rendre à un meeting national socialiste dans le vent. CQFD. Dans un pseudo pastiche de La Folle journée de Ferris Bueller, direction New York donc. Plusieurs objectifs : l’une doit assister au tournage d’un clip en plein air, l’autre doit donner un speech pro-capitaliste/nazi, les deux profiterons d’une halte dans un salon bling bling pour se coiffer afro, faire des signes de gangs et se fournir en crack. Leurs plans sont malheureusement compromis alors qu’un chinois sur le point de se faire péter par le FBI décide de planquer une “micropuce” remplie de films et CDs pirates dans le sac à main d’une des deux cruches. Oui, dans cet univers, les chinois cherchent à exporter frauduleusement la culture américaine vers leur pays d’origine pour se faire des couilles en or. Deux choses font passer la pilule indigeste qu’est cette oeuvre trash : la présence d’Eugène “American Pie” Lévy, aussi appelé “Je ne joue pas mes sourcils font tout le boulot”, dans le rôle du flic qui veut empêcher les jumelles de sécher les cours. Un caméo brillant de Danny (Bob Saget) de La Fête à la maison. Surprise gâchée? Vous aviez vraiment l’intention de regarder ce film?

Après cette intrusion sans concession dans le monde des soeurs Olsen, si elles sont encore pour vous des créatures innocentes et dociles, si vous êtes encore séduits par leurs bouches botoxées affichant un permanent duckface, c’est qu’il faut vous réveiller d’urgence. Le schéma ci-dessus devrait achever de vous convaincre que chacun de leurs actes, aussi bénin puisse-t-il paraître, participe à un plan d’extermination de l’espèce humaine (et animale par le biais de leur carrière de styliste) à l’échelle globale. En attendant de vous pencher dessus et comme le conseille si bien le fashion PDG rital à ses deux jeunes recrues : soyez compétents, consciencieux, calmes, coopératifs, cohérents, créatifs et par dessus tout confiants.
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Extra-bonus!!!

maryk8 says
Super cool l’article ! On en veut d’autres dans le même genre.
Une suggestion: est-ce que ce n’est pas plutôt dans la foulée du succès de la série qui met en scène le père veuf des jumelles et leur Baby Sitter (qui sont amoureux mais qui ne se l’avouent pas, trop mignons) que les films ont été réalisés ?
David says
Vous l’avez vraiment fait. Stylé !
Max Kemper says
Si tu as tout à fait raison ! C’est d’ailleurs une des premières phrases de l’article : « il est vrai qu’avec la série La Fête à la maison, les soeurs Olsen ont goûté à une gloire leur permettant d’être propulsées dans l’univers du long-métrage. » A plus et merci pour les encouragements !
Max Kemper says
Et je suis très content d’avoir cliqué sur ton pseudo.
marie-skate says
Non je faisais plutôt allusion à la série « les jumelles s’en mêlent » (mais c’est vrai qu’à la relecture, je m’aperçois que le père veuf ça fonctionne aussi pour la fête à la maison).
J’ai changé d’adresse de site, ça t’intéressera j’en suis sur(e).
Max Kemper says
Ah ok ! La série « les jumelles s’en mêlent » est sortie en 98. Elles avaient déjà entamé leur carrière long métrage depuis 4 ans.
ps : merci pour cette mine d’or…
Baiseuse de chef(s) says
Superbe ce serre-tête/bite. Où peut-on se le procurer ?
Max Kemper says
En réalité il s’agirait plus de « cornes-bittes »…
Max Kemper says
On en trouve en enfer.
lebeurre says
Le beurre et l’argent du beurre, magique…