
Angry Boys - ABC
Après We Can Be Heroes et Summer Height High, deux séries cultes en Australie, Chris Lilley revient avec Angry Boys. Sa nouvelle série de faux documentaires se penche sur deux frères white trash australiens, Daniel et Nathan, des jumeaux un peu tarés.
Sur le même modèle que Summer Height High, tous les personnages principaux sont joués par l’humoriste Chris Lilley et s’articulent autour du quotidien assez misérable et ennuyeux de Daniel et Nathan. On découvre leur famille, leurs copains un peu cons et surtout leurs idoles. Au-delà d’un documentaire sur leur vie, Angry Boys est une analyse des rapports entre jeunesse pauvre et culture pop. Ici le monde se divise en deux parties, le quotidien familial des jumeaux et le monde des légendes.
Cette dychotomie apporte beaucoup de fraîcheur et on se rend compte qu’au final, les plus heureux restent les fans avec leur posters pourris dans leur chambre. L’univers des légendes est prétexte à de réelles critiques sur la culture populaire, jamais gratuites, pas tant sur sa qualité mais plutôt sur ceux qui la façonnent. Certains personnages sont assez déments comme Jen, la mère autoritaire du skater “gay style” Tim Okazaki. On a aussi beaucoup aimé le surfer sans couilles Blake Oakfield et la grand mère gardienne de prison qui fait croire à ses jeunes détenus qu’ils ont des libérations conditionnelles pour se marrer.
Malheureusement, quelques personnages sont un peu lourds et l’on espère qu’il ne seront pas trop présents sur l’intégralité de la série. Comme S.Mouse, le rappeur pour enfants, fils de bourgeois sans talent, qui essaye de se façonner une street cred’ à coup de clips foireux. Le parallèle avec Soulja Boy est plutôt bien vu et sa pouf – dont rien que le prénom, Lasquisha, est génial – est assez cool.
Dans l’ensemble, c’est une série qui a de solides arguments pour nous occuper tout l’été, même si c’est un peu moins réussi que Summer Height High. C’est juste pas aussi amusant à traiter que le quotidien d’un lycée difficile, prétexte à beaucoup de situations dignes d’un reportage de Strip Tease. Quoi qu’il en soit, Angry Boys est plein d’amour, de références pop et de bonnes vannes, des fois assez grasses.
“Skateboarding Gay Style !”
